Acte 1 scène 1

Acte 1 scène 1
Dans une petite maison, dans le fin fond de la bretagne, 1944, Lola pleure.
Morts à la guerre, les parents de la petite fille de 8 ans, juifs, ne sont plus là pour s'occuper de leur fille, qu'ils ont tant aimer.
Cela fait-il des jours qu'elle pleure ? Des semaines ? Des mois ?
Nul ne sait. Ni elle, Ni les oiseaux qui osent encore chanter le matin, ni la pluie qui s'obstine à tomber, ni la guerre. Elle pleure, et ne peut s'arrêter. Elle a faim. Elle a soif. Elle se lève de temps en temps pour ronger du pain rassi.
Lola lève parfois les yeux vers le ciel. Et elle prit. Quel Dieu ? Elle ne sait pas. Elle voyait de temps en temps ses parents lever la tête, joindre les mains et murmurer. Ils lui avaient expliquer que la haut quelqu'un les entendait. Mais au souvenir de ces instants perdus, elle delie ses mains et s'en sert pour essuyer ses larmes, qui tombent une à une sur sa jolie robe de coton. Triste. Elle ouvre ses yeux mouillés et regarde tomber les gouttes de pluie.


# Posté le mardi 13 janvier 2009 14:30

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 06:25

Acte 1 scène 2

Acte 1 scène 2
La pluie dure une semaine.
Après quoi, elle laisse place à un soleil timide, qui, séchant les gouttes de pluie de la fôret, séche aussi les larmes de la petite fille. Dotée d'une maturité presque soudaine et impensable pour son âge, elle s'est dit que pleurer ne les ferait pas revenir.
Ce jour là donc, elle décide de partir dans le village le plus près de chez elle, à 14 km environ. Un long chemin pour une enfant.
Elle étale un torchon sur la table en bois du salon, y installe du pain, deux gâteaux secs et une gourde d'eau. Et elle part, sans penser à rien. Sur la route de son avenir.

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 06:25

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 03:33

Acte 1 scène 3

Acte 1 scène 3
Lola arrive dans le petit village. Un an s'est écoulé depuis la mort de ses parents.
Sur la place du village : personne. Lola ne sait plus quoi faire.Elle pose son baluchon par terre. Elle s'assoit sur le bord de la fontaine. Se mouille le visage. Mange un gâteau. Elle espère que quelqu'un la voit...
Personne.
Rien.
Même le vent n'est pas là. Le soleil de juin tape fort sur la tête de la jeune enfant.
Quand elle comprend que nul ne viendra, elle se lève et va toquer à une porte, la plus belle, ornée de frises dorés. Elle tape une première fois. Une deuxième fois, plus fort. Puis, désespérée, Lola tape avec ses deux petits poings de toutes ses forces en criant : «Ouvrez moi !». Elle devient rouge, une larme de colère coule sur sa joue droite, elle s'assoit, souflle. «Personne ne veut de moi ici.», dit elle en voyant les visages aux fenêtres qui la regardent d'un oeil noir.
Elle leur tire la langue.
Et se lève.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 03:21

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 07:35